Le repiquage des tomates est une étape cruciale qui détermine la vigueur de vos plants. Mal réalisé, il provoque le fameux « coup de mou » qui affaiblit durablement vos tomates. Voici mes techniques éprouvées pour réussir cette opération délicate.
Qu’est-ce que le « coup de mou » et pourquoi se produit-il ?
Le « coup de mou » se manifeste par un flétrissement soudain du plant après le repiquage. Les feuilles perdent leur turgescence, jaunissent parfois, et la croissance s’arrête brutalement.
Dans mon potager, j’ai observé que ce phénomène touche particulièrement les plants repiqués trop tôt ou dans de mauvaises conditions. La plante entre alors dans une phase de stress qui peut durer plusieurs semaines.
Les causes principales du stress de repiquage
Le coup de mou résulte d’un choc au niveau racinaire. Lors du repiquage, les racines subissent inévitablement des micro-traumatismes qui perturbent l’absorption d’eau et de nutriments.
Les changements brusques de température, d’humidité ou d’exposition lumineuse aggravent ce stress. C’est pourquoi je recommande toujours une période d’acclimatation progressive.
Le bon timing pour repiquer vos tomates
Reconnaître un plant prêt au repiquage
Un plant de tomate est prêt quand il possède 3 à 4 vraies feuilles bien développées. La tige doit mesurer environ 10-12 cm et présenter une belle couleur verte uniforme.
J’évite de repiquer des plants trop jeunes (moins de 3 feuilles) ou trop développés (plus de 15 cm). Dans les deux cas, le risque de coup de mou augmente considérablement.
Les conditions météorologiques idéales
En janvier, si vous cultivez sous serre, choisissez une journée nuageuse avec une température stable autour de 18-20°C. L’humidité relative doit se situer entre 60 et 70%.
J’ai remarqué que les repiquages effectués en fin d’après-midi donnent de meilleurs résultats. Les plants ont toute la nuit pour récupérer avant d’affronter la lumière du jour suivant.
Ma technique de repiquage anti-stress
Préparation des plants 24h avant
La veille du repiquage, je réduis légèrement l’arrosage pour que la motte soit humide mais pas détrempée. Cette technique facilite le démoulage sans casser les racines.
Je pulvérise également un stimulateur racinaire dilué sur le feuillage. Cette préparation renforce les défenses naturelles du plant face au stress à venir.
Le repiquage étape par étape
Voici ma méthode éprouvée pour un repiquage réussi :
- Préparez les godets : Remplissez-les de terreau légèrement humide, jamais sec ni détrempé
- Creusez le trou : Il doit être légèrement plus profond que la motte d’origine
- Démoulez délicatement : Retournez le godet en soutenant la base de la tige entre vos doigts
- Placez sans tasser : Posez la motte dans le trou et comblez avec du terreau fin
- Arrosez en douceur : Utilisez un pulvérisateur pour ne pas déplacer la terre
L’astuce du repiquage enterré
Je repique toujours mes tomates en enterrant légèrement la tige, jusqu’aux premières feuilles. Cette technique favorise le développement de racines adventives qui renforcent l’ancrage du plant.
Attention toutefois à ne pas enterrer les feuilles, ce qui provoquerait des pourritures. Seule la partie de tige nue peut être enfouie.
Les soins post-repiquage essentiels
L’arrosage délicat des premiers jours
Pendant la première semaine, j’arrose très modérément, uniquement quand le substrat commence à sécher en surface. Un excès d’humidité favorise les maladies fongiques sur des plants affaiblis.
Je privilégie un arrosage à la base du plant, en évitant de mouiller le feuillage. L’eau doit être à température ambiante pour éviter un choc thermique supplémentaire.
Créer un microclimat favorable
Sous serre, je maintiens une atmosphère stable en évitant les ouvertures brutales. Un voile d’ombrage léger protège les plants repiqués du soleil direct pendant 3 à 4 jours.
L’humidité ambiante doit rester élevée sans créer de condensation excessive. Je pose parfois des soucoupes d’eau entre les plants pour maintenir une hygrométrie optimale.
La surveillance quotidienne
Je contrôle mes plants repiqués matin et soir pendant la première semaine. Au moindre signe de flétrissement, j’ajuste immédiatement les conditions d’ambiance.
Un plant qui se redresse le matin après un léger flétrissement nocturne est normal. En revanche, un flétrissement persistant nécessite une intervention rapide.
Que faire en cas de coup de mou avéré ?
Les gestes de secours immédiats
Si malgré toutes vos précautions le coup de mou survient, ne paniquez pas. Placez immédiatement le plant dans une ambiance très humide et ombragée.
Je couvre parfois les plants touchés avec une cloche en plastique transparent pour créer une mini-serre. Cette technique permet souvent de sauver des plants que je pensais perdus.
La patience, clé de la récupération
Un plant victime du coup de mou peut mettre 10 à 15 jours pour récupérer complètement. Pendant cette période, limitez les arrosages et évitez tout apport d’engrais qui pourrait aggraver le stress.
Dans mon expérience, 80% des plants touchés finissent par récupérer si les soins sont adaptés. La patience est votre meilleure alliée dans cette situation.
Mes astuces de jardinière expérimentée
Le repiquage progressif en deux temps
Pour les variétés particulièrement sensibles, j’pratique parfois un repiquage en deux étapes. Je passe d’abord dans un godet intermédiaire avant le repiquage final.
Cette méthode demande plus de temps mais réduit considérablement les risques de coup de mou, surtout pour les variétés anciennes plus fragiles.
L’importance du choix du substrat
J’ai constaté que les terreaux trop riches provoquent plus facilement le coup de mou. Je préfère un mélange léger composé de terreau de semis additionné de vermiculite.
Ce substrat drainant évite les excès d’humidité tout en conservant une bonne capacité de rétention. Les racines s’y développent plus facilement après le traumatisme du repiquage.
Maîtriser le repiquage des tomates demande de la pratique, mais ces techniques éprouvées vous éviteront bien des déconvenues. N’hésitez pas à partager vos propres astuces en commentaires !

